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Suisse Coopération

Cinq ans de talibans, la Suisse a repris le travail à Kaboul

Le bureau de la DDC a rouvert en mars 2025 après le transfert à Islamabad. Berne ne reconnaît pas le gouvernement mais maintient ses programmes humanitaires.

par Redazione 16 août 2026 3 min de lecture

Le 15 août 2021, les talibans entraient dans Kaboul et le président Ashraf Ghani quittait le pays. Cinq ans plus tard, la Suisse dispose d'un bureau opérationnel dans la capitale afghane et continue de financer des programmes humanitaires, sans reconnaître le gouvernement.

La séquence a été progressive. Dans les semaines de la prise du pouvoir, le bureau de coopération suisse avait été fermé et le personnel évacué. Les programmes se sont poursuivis depuis Berne, puis, dès février 2023, depuis Islamabad. En mars 2025, la Direction du développement et de la coopération a rouvert son antenne en Afghanistan avec une équipe d'experts, en s'appuyant sur des organisations non gouvernementales locales pour l'exécution des projets.

L'an dernier, la Confédération a alloué 25 millions de francs d'aide. Les Nations unies estiment à 24 millions le nombre de personnes ayant besoin d'assistance dans le pays. À fin 2024, dix-sept ressortissants suisses étaient enregistrés en Afghanistan. Les échanges commerciaux restent marginaux: en 2023, les exportations suisses se sont élevées à 5,14 millions de francs et les importations à 1,48 million.

Reconnaître les États, pas les gouvernements

"La Suisse reconnaît les États, pas les gouvernements", rappelle le Département fédéral des affaires étrangères. Le principe permet de maintenir une présence opérationnelle sans légitimer l'autorité de fait. "Bien qu'il existe des contacts sporadiques, ceux-ci ne constituent ni une reconnaissance diplomatique ni une légitimation officielle du régime taliban", précise le DFAE.

Sur le plan des droits, la position suisse est explicite. "Berne condamne avec la plus grande fermeté la discrimination et l'oppression des femmes et des filles en Afghanistan", a déclaré un porte-parole. En mars 2026, la question a été discutée au Conseil des droits de l'homme des Nations unies, qui parle d'apartheid de genre.

En cinq ans, les autorités de Kaboul ont introduit la charia comme fondement de l'ordre juridique, adopté un nouveau code de procédure pénale et promulgué des lois dites sur la vertu, qui comprennent l'obligation du voile intégral et l'interdiction d'activités quotidiennes, dont le jeu d'échecs. Les filles et les femmes sont exclues de l'école secondaire et de l'université.

La contradiction dans laquelle travaillent toutes les agences internationales présentes dans le pays est la même: interrompre les programmes revient à frapper la population que l'on entend protéger, les poursuivre revient à opérer dans un cadre institutionnel que l'on condamne.

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