Canton Uniformes scolaires
Un uniforme scolaire pour réduire les inégalités entre enfants
Une motion déposée au Grand Conseil, soutenue par des député-e-s de plusieurs partis, demande d'évaluer l'introduction d'une tenue uniforme dans les écoles communales pour réduire les différences économiques entre élèves. La proposition soulève aussi la question des coûts et de leur répartition.
Une motion a été déposée au Grand Conseil tessinois pour demander d'évaluer l'introduction d'une tenue vestimentaire uniforme dans les écoles enfantines et primaires communales du Tessin. La première signataire est la députée au Grand Conseil Michela Ris (PLR), soutenue par une dizaine de collègues du PLR, du Centre, de la Lega, de l'UDC et du Forum alternatif.
L'idée, explique Ris, n'est pas d'imposer veste et cravate, mais des vêtements simples comme un polo et un short. L'objectif affiché est double : instaurer plus d'ordre dans les classes et atténuer les inégalités économiques qui, selon elle, apparaissent déjà dans les premières années d'école à travers l'habillement des enfants. Ris rappelle qu'il existe déjà des lignes directrices en la matière, mais qu'elles sont peu respectées.
La question des coûts
La proposition concerne en particulier les écoles enfantines et primaires, de compétence communale, et non les degrés scolaires supérieurs. Une éventuelle introduction pèserait donc davantage sur les budgets des communes, chargées de l'organiser, que sur celui du canton.
Pour les familles, selon Ris, l'opération pourrait s'avérer moins coûteuse qu'aujourd'hui : en centralisant les achats et en évitant les marques, la dépense pour habiller les enfants diminuerait par rapport à la situation actuelle. Reste à savoir comment cette économie se répartirait entre familles aux revenus différents, et qui prendrait en charge les coûts de lancement, de la conception des vêtements à leur production. Ris envisage la collaboration de l'école cantonale de mode pour un projet pilote avec des élèves.
Du côté des directions d'école, Fabio Valsangiacomo, directeur de l'institut scolaire communal de Lugano, relève que la question du sentiment d'appartenance à une communauté figure déjà dans le plan d'études de l'école obligatoire tessinoise, notamment dans la formation générale et dans l'étude de l'environnement. Selon lui, l'école fait déjà beaucoup dans ce domaine. Le directeur ajoute que le thème concerne de manière transversale tous les degrés scolaires, mais que les écoles communales, c'est-à-dire l'école enfantine et l'école primaire, avec des enfants de trois à onze ans, y seraient peut-être un peu moins concernées que d'autres degrés.
La motion devra maintenant être discutée et approfondie. Parmi les points encore ouverts figurent le financement, la répartition des coûts entre communes et familles, et la question de savoir si un uniforme scolaire parviendra réellement à atténuer les inégalités entre enfants ou s'il se traduira surtout par une charge organisationnelle supplémentaire pour les écoles communales.
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