Canton Éboulement du Cengalo
Éboulement du Pizzo Cengalo : les cinq prévenus acquittés
Le tribunal régional de Maloja a acquitté les cinq prévenus jugés pour homicide par négligence après l'éboulement de 2017, qui avait fait huit morts dans le val Bondasca, aux Grisons. Parmi eux figurait l'ex-syndique de Bregaglia Anna Giacometti, aujourd'hui conseillère nationale.
Le tribunal régional de Maloja a acquitté les cinq prévenus jugés pour l'éboulement du Pizzo Cengalo, qui avait tué huit personnes en 2017 dans le val Bondasca, sur le territoire de la commune de Bregaglia, aux Grisons. Le jugement a été rendu aujourd'hui à Pontresina.
Parmi les prévenus figurait Anna Giacometti, syndique de Bregaglia à l'époque des faits et aujourd'hui conseillère nationale PLR. Étaient également jugés un géologue externe, un collaborateur communal et deux fonctionnaires de l'Office cantonal des forêts et des dangers naturels. Les prévenus étaient accusés d'homicide par négligence commis à plusieurs reprises.
Selon l'accusation, l'éboulement était dans une certaine mesure prévisible et les autorités n'avaient pas agi en conséquence, notamment en ne fermant pas les sentiers de randonnée dans la zone à risque.
Aucun signe d'alerte
Le tribunal a constaté qu'aucune preuve n'indiquait, dans les semaines précédant l'éboulement, de signes annonçant un événement d'une telle ampleur. Les prévenus n'ont donc pas omis par négligence de prendre des mesures de sécurité, comme la fermeture des sentiers.
Concernant Anna Giacometti, le tribunal a relevé qu'elle n'est pas géologue et devait donc se fier aux évaluations d'experts. Selon la juge, elle ne disposait pas des connaissances spécialisées nécessaires pour évaluer la situation de danger. Le tribunal a également mis en doute le fait que l'acte d'accusation ait été suffisant.
La défense avait fait valoir que l'activité de l'éboulement de la montagne n'avait pas augmenté de façon significative dans les jours précédant la catastrophe : la hausse des chutes de pierres ne s'est produite que dans les quinze minutes précédant l'éboulement. Selon la défense, les randonneurs dans le val Bondasca étaient de toute façon informés des dangers grâce aux panneaux installés à l'entrée de la vallée et près des cabanes Sciora et Sasc Furä.
Un point controversé du procès concernait l'expertise du géologue vaudois Thierry Oppikofer, sur laquelle se fondait l'accusation. Lors d'un interrogatoire au début de l'année, l'expert aurait relativisé certaines conclusions, se rapprochant d'autres expertises favorables aux prévenus.
Urban Maissen, chef de l'Office grison des forêts et des dangers naturels, s'est dit soulagé qu'un jugement de première instance ait enfin été rendu et que les prévenus aient été acquittés. Il a également exprimé sa solidarité envers les personnes qui ont perdu des proches dans cette tragédie.
L'éboulement du 23 août 2017, un détachement de 3,1 millions de mètres cubes de roche du Pizzo Cengalo, avait surpris huit randonneurs dans le val Bondasca. La masse rocheuse avait atteint le fond de la vallée et les villages de Bondo, Spino, Sottoponte et Promontogno. Une trentaine de bâtiments avaient été détruits et environ 150 personnes avaient dû quitter la zone pendant plusieurs semaines. Les dégâts avaient dépassé les 50 millions de francs.
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