Économie Surveillance bancaire
La FINMA clôt la procédure contre Julius Bär après l'affaire Signa
L'Autorité de surveillance des marchés financiers a mis fin à l'enquête ouverte après les importantes dépréciations de la banque zurichoise sur des crédits au groupe Signa. Des obligations de reporting subsistent jusqu'en 2032, de même qu'un supplément de fonds propres de 250 millions de francs.

La FINMA a annoncé mardi la clôture de la procédure de rétablissement de l'ordre légal engagée contre Julius Bär, la cinquième en moins de dix ans visant la banque zurichoise. L'enquête faisait suite aux importantes dépréciations de crédits enregistrées en 2024 sur les prêts accordés au groupe immobilier Signa de l'investisseur autrichien René Benko, depuis tombé en faillite : plus de 600 millions de francs. Un volet supplémentaire de la procédure portait sur les relations d'affaires de la banque avec des clients russes considérés comme des "personnes politiquement exposées".
Dans son communiqué, l'autorité se montre sévère : Julius Bär aurait violé "gravement" les dispositions en matière de surveillance, en particulier les exigences relatives à une gestion adéquate des risques et les obligations légales de lutte contre le blanchiment d'argent. La FINMA reconnaît toutefois que la banque a déjà mis en œuvre plusieurs mesures requises en urgence. À la demande de la FINMA, Julius Bär a redéfini en 2025 sa propension au risque, mettant fin à des relations avec certains clients et cessant son activité dans le secteur des prêts aux entreprises privées. Des changements de personnel sont également intervenus au sein du conseil d'administration et de la direction.
Fonds propres supplémentaires et responsabilités individuelles
Malgré la clôture du dossier, les charges qui pèsent sur la banque ne s'arrêtent pas là. Julius Bär devra continuer à présenter à la FINMA des rapports sur sa culture du risque jusqu'en 2032 et devra détenir des fonds propres supplémentaires de 250 millions de francs, une exigence qui avait été temporairement plus élevée pendant la procédure. La FINMA percevra en outre un bénéfice d'environ dix millions de francs que la banque aurait réalisé en lien avec les deux clients au cœur du dossier. L'interdiction, instaurée en 2025, de nouer de nouvelles relations avec certains clients politiquement exposés sera en revanche levée "progressivement".
Julius Bär indique prendre acte de la clôture de la procédure et en "reconnaît les conclusions". La banque souligne que les faits en question sont antérieurs à la nomination de l'équipe dirigeante actuelle, laquelle a depuis adopté une série de mesures pour traiter les dossiers hérités du passé. L'établissement poursuit son cycle stratégique 2026-2028 et maintient ses objectifs à moyen terme ; l'exigence de fonds propres de base supplémentaires (CET1) de 250 millions de francs se traduit par une exigence minimale effective plus élevée pour le ratio de capital. La banque a par ailleurs déposé auprès de la FINMA une demande pour la mise en œuvre d'un programme de rachat d'actions, un signal attendu par les actionnaires après des mois d'incertitude.
La question des responsabilités individuelles reste en revanche ouverte : la FINMA a ouvert des procédures contre trois anciens collaborateurs de Julius Bär, potentiellement responsables de violations de dispositions de surveillance ou de directives internes. Aucun nom n'a été communiqué. La sanction institutionnelle, déjà supportée par la banque et ses actionnaires via les fonds propres immobilisés, devra donc être distinguée d'une éventuelle responsabilité individuelle des anciens dirigeants, un chapitre à part du dossier Signa.
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