Économie Marchés financiers
La BRI avertit : le boom de l’IA peut mettre les marchés sous pression
La Banque des règlements internationaux signale les risques liés aux valorisations élevées et aux investissements considérables dans l’intelligence artificielle. Pour les investisseurs, le point essentiel est de comprendre si la croissance des bénéfices pourra suivre le rythme des dépenses.
La course aux investissements dans l’intelligence artificielle figure parmi les principaux facteurs de pression identifiés par la Banque des règlements internationaux. Dans son Annual Economic Report 2026, la banque des banques centrales attire l’attention sur la durabilité du boom de l’IA et sur ses effets possibles pour les marchés, les taux et la stabilité financière.
Le rapport ne remet pas en cause l’importance économique de cette technologie. Les investissements dans l’écosystème de l’intelligence artificielle ont soutenu la croissance, les marchés et les chaînes d’approvisionnement mondiales. Le risque apparaît lorsque les dépenses consacrées aux puces, aux centres de données, à l’énergie, aux serveurs et aux logiciels augmentent plus rapidement que les revenus et les marges.
Les dépenses doivent produire des résultats
Le problème concerne surtout ce que l’on appelle le capex de l’IA, c’est-à-dire les investissements nécessaires à la construction des infrastructures technologiques. Les grandes entreprises doivent mobiliser des ressources considérables avant d’obtenir des rendements stables. La concurrence pour le leadership peut également favoriser la surinvestissement, tandis que le marché continue de valoriser les perspectives de croissance.
Pour Nvidia, Broadcom, Micron, AMD, TSMC et SK Hynix, la demande d’infrastructures reste forte. Les valorisations intègrent toutefois des attentes élevées. Un ralentissement même normal pourrait donc être interprété par les investisseurs comme une déception.
Une situation similaire concerne les grands groupes du cloud et des logiciels, notamment Microsoft, Alphabet, Amazon et Meta. Ces entreprises disposent de bilans plus solides que de nombreuses sociétés spéculatives, mais elles doivent démontrer que les dépenses consacrées à l’IA se traduisent par une hausse des bénéfices.
Le risque peut également se répercuter sur les ETF technologiques. Les instruments qui répliquent le Nasdaq 100 ou qui investissent dans les semi-conducteurs et l’intelligence artificielle offrent une diversification formelle, mais peuvent rester concentrés sur les mêmes facteurs. Parmi ceux-ci figurent la demande de puces, le cloud, les taux américains et le dollar.
Le scénario le plus favorable prévoit une croissance de la demande réelle, avec une hausse des revenus du cloud et des marges capables de soutenir les investissements. Dans un scénario plus sélectif, l’IA reste un thème industriel important, mais le marché privilégie surtout les entreprises ayant des clients payants et des résultats vérifiables. Le cas le plus problématique se présente si les rendements arrivent plus lentement que prévu. Dans ce cas, les entreprises pourraient réduire leurs dépenses, tandis que le crédit et les valorisations deviendraient moins favorables.
Pour les investisseurs, l’avertissement de la BRI ne constitue pas une invitation à vendre l’ensemble du secteur. Il impose plutôt de vérifier le poids de la technologie dans le portefeuille, le prix payé et l’horizon temporel. Une correction de 20 à 30 % devrait être compatible avec les objectifs de l’investisseur. Si ce n’était pas le cas, le problème concernerait la concentration du portefeuille, et non l’existence de la technologie.
Commentaires
Il n'y a pas encore de commentaires. Votre voix peut être la première.