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Suisse Prévoyance

Les rentes couvrent une part toujours plus faible du dernier salaire

Une étude du VermögensZentrum calcule une perte de 16% sur les prestations attendues depuis 2002. Le deuxième pilier a reculé de 40%, alors que l'AVS a progressé d'un tiers.

par Gottardo 6 août 2026 2 min de lecture

Les prestations de prévoyance attendues en Suisse ont diminué de 16% depuis 2002. C'est ce que calcule une étude de la société de conseil VermögensZentrum, qui chiffre l'écart à 12'260 francs par an pour le profil examiné.

L'étude prend comme référence une personne de 55 ans disposant d'un revenu annuel de 120'000 francs. À 65 ans, elle percevra une rente globale de 62'660 francs par an. En 2002, le même profil en aurait obtenu 74'920.

Les deux piliers évoluent en sens opposé. Les prestations de la prévoyance professionnelle ont chuté de 40% sur la période. L'AVS, elle, a progressé d'un tiers et atteint 32'760 francs, y compris le treizième mois qui sera versé pour la première fois à la fin de 2026.

Le nœud du taux de conversion

L'explication du déséquilibre tient au mécanisme différent des deux systèmes. L'AVS a été adaptée au renchérissement. Le taux de conversion utilisé pour calculer les rentes du deuxième pilier a en revanche baissé sans interruption, de 6,00% il y a dix ans à 5,26% aujourd'hui.

Les caisses de pension ont abaissé ce paramètre pour tenir compte de l'allongement de l'espérance de vie et de taux d'intérêt longtemps bas. La stabilité de leurs bilans a été obtenue en réduisant les prestations versées aux futurs retraités.

Le résultat se lit dans le taux de remplacement. Une personne gagnant 100'000 francs reçoit aujourd'hui environ 51% de son dernier salaire, contre 62% en 2002. Pour un revenu de 150'000 francs, la couverture descend à 42%, contre 58% il y a vingt-quatre ans. L'objectif initial du système à trois piliers prévoyait que les premier et deuxième piliers assurent ensemble 60% du dernier revenu.

La confiance s'est affaiblie en conséquence. Un quart seulement des personnes interrogées estime que les prestations de l'AVS seront assurées dans vingt ans, et la part monte à 30% pour la prévoyance professionnelle. Les préoccupations principales portent sur les coûts des soins liés au vieillissement et sur la viabilité financière de l'AVS.

Sur la réponse à apporter, en revanche, aucun consensus n'apparaît. 68% des personnes interrogées rejettent un relèvement de l'âge ordinaire de la retraite, alors que le Conseil fédéral désigne la réforme AVS 2030 comme la voie à suivre. 58% restent convaincues de pouvoir maintenir leur niveau de vie en combinant AVS, prévoyance professionnelle et patrimoine personnel.

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