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Le Liban abolit la peine de mort, premier pays arabe de Méditerranée

Le parlement de Beyrouth a remplacé la peine capitale par la réclusion à perpétuité. La réforme fait partie du paquet exigé par les bailleurs occidentaux pour débloquer l'aide.

par Redazione 11 août 2026 2 min de lecture

Le parlement libanais a supprimé la peine de mort de l'ordre juridique du pays. À sa place vient la réclusion à perpétuité, assortie dans certaines circonstances de travaux forcés. Le Liban devient ainsi le premier pays arabe de Méditerranée à franchir ce pas.

Dans les faits, le vote clôt une situation qui durait depuis plus de vingt ans. La dernière exécution remonte à janvier 2004 et un moratoire de fait s'appliquait depuis: les condamnations capitales continuaient d'être prononcées, mais n'étaient pas exécutées. La loi aligne désormais le droit écrit sur cette pratique.

L'abolition s'inscrit dans un paquet de réformes lancé par le gouvernement de Nawaf Salam, en fonction depuis février 2025 avec l'appui des États-Unis. Ces mesures servent à satisfaire les conditions posées par les bailleurs occidentaux, en particulier la France et les États-Unis, pour débloquer l'aide financière nécessaire à la sortie de l'effondrement économique amorcé en 2019. Parmi les exigences figurent l'indépendance de la justice et la protection des droits humains.

Le vote a divisé l'assemblée selon des lignes connues. Le Hezbollah et son allié chrétien, le Courant patriotique libre fondé par l'ancien président maronite Michel Aoun, s'y sont opposés, présentant la réforme comme une capitulation devant ceux que leurs représentants appellent les nouveaux maîtres du pays.

Le ministre de la justice Adel Nassar a soutenu que l'abolition rend au Liban un rôle pionnier dans la région en matière de droits humains. Il a toutefois précisé que la décision ne doit pas se lire comme une atténuation de la réponse aux crimes les plus graves, pour lesquels la détention à vie demeure.

Parmi les organisations internationales, Human Rights Watch a qualifié le vote de jalon historique. Toutes les voix intérieures ne sont pas aussi tranchées: la militante Ugarit Yunan s'est demandé si un pays encore marqué par le conflit avec Israël est en mesure d'en saisir pleinement la portée.

La séance s'est achevée dans un climat tendu, pour des raisons étrangères à la peine capitale. Le chef du gouvernement Salam et le ministre de la défense Michel Menassa se sont divisés sur une loi d'amnistie générale, un dossier qui reste ouvert et qui pèse sur la suite du programme de réformes.

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