Économie Organisation
Le job sharing arrive au sommet des entreprises suisses
On, SoftwareOne, Villars et Vontobel ont adopté des formes de codirection. Selon la Haute école spécialisée de Suisse du Nord-Ouest, le modèle est présent dans 28 pour cent des organisations analysées.
Le partage d'un poste entre deux personnes ne concerne plus seulement les fonctions intermédiaires. En Suisse, plusieurs entreprises ont étendu le modèle à la direction générale, parmi lesquelles On, SoftwareOne, Villars et Vontobel.
Les cas ont des origines différentes. Villars a introduit la double direction en 2024, en la confiant à Patrick Krauskopf et Valérie Stephan après l'éviction du précédent directeur général. On a en revanche nommé codirecteurs généraux ses cofondateurs David Allemann et Caspar Coppetti à partir de mai 2026. Dans le premier cas, la codirection répond à une rupture; dans le second, elle consolide un fonctionnement déjà existant dans les faits.
Selon une recherche de la Haute école spécialisée de Suisse du Nord-Ouest, le job sharing est adopté par 28 pour cent des organisations analysées, et environ un tiers de ces cas concerne des postes de direction. C'est la part que la littérature appelle top sharing.
Ce que changent deux signatures
Les avantages identifiés par la recherche sont de quatre ordres. Les compétences des deux dirigeants peuvent être complémentaires, ce qui élargit le rayon d'action de la fonction. Les perspectives différentes réduisent le risque de décisions prises depuis un seul point de vue. La succession devient plus simple, car le départ de l'un des deux ne laisse pas un vide immédiat. Les décisions tendent à être plus pesées, devant passer par une confrontation.
Les inconvénients touchent au coût et au temps. Deux dirigeants coûtent plus qu'un seul, même lorsque l'engagement global reste équivalent, et la coordination entre les deux absorbe des heures qui n'existent pas dans le modèle traditionnel.
L'obstacle principal n'est toutefois pas économique. La recherche indique que la résistance des organisations découle surtout de conceptions traditionnelles de la conduite d'entreprise, c'est-à-dire de l'idée qu'une société doit avoir une seule personne aux commandes et un seul interlocuteur identifiable à l'extérieur.
Il y a ensuite un effet sur la composition des directions. La codirection rend possible une fonction dirigeante à temps partiel, et cela peut élargir la présence féminine aux niveaux supérieurs, où l'incompatibilité entre engagement à plein temps et responsabilités familiales continue d'agir comme un filtre.
Le modèle n'est pas exempt de fragilités. La direction partagée de Kambly, confiée aux époux Dania et Nils, a pris fin à la suite de leur séparation personnelle: lorsque la codirection repose sur une relation privée, sa solidité en dépend aussi.
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