Économie Pharma
Clause MFN: un médicament nouveau sur trois n'est pas proposé en Suisse
Selon un sondage d'Interpharma, les entreprises renoncent à demander le remboursement pour ne pas compromettre les prix aux États-Unis. Sept produits sur vingt-deux n'ont pas été soumis.
La politique américaine visant à abaisser le prix des médicaments produit des effets en Suisse. C'est ce que soutient Interpharma sur la base d'un sondage mené auprès de ses entreprises membres.
Au centre se trouve la clause de la nation la plus favorisée, désignée par le sigle MFN. Le principe veut que le prix payé aux États-Unis soit aligné sur le plus bas pratiqué dans d'autres pays de référence. La conséquence pratique est que le prix fixé sur un petit marché peut se répercuter sur celui, de loin plus rentable, des États-Unis.
Combien de produits restent dehors
Selon le sondage, l'industrie renonce dans près d'un tiers des cas à demander l'admission de nouveaux produits dans la liste des spécialités, l'étape nécessaire pour qu'un médicament soit remboursé par l'assurance de base.
Les chiffres sont concrets. Sur les vingt-deux produits lancés entre janvier 2025 et juin 2026, sept n'ont pas été soumis pour l'inscription dans la liste. Trois autres n'ont même pas demandé l'autorisation à Swissmedic, l'autorité suisse des produits thérapeutiques.
Les entreprises, rapporte l'association, ne se sentent pas en mesure, dans les conditions actuelles, de lancer rapidement de nouvelles thérapies en Suisse sans mettre en danger les prix américains. Interpharma avertit en outre que la révision prévue de l'ordonnance sur l'assurance maladie risque d'amplifier la tendance.
Le résultat retombe sur les patients, qui accèdent plus difficilement aux traitements innovants. Un médicament non inscrit dans la liste des spécialités n'est pas remboursé, et un médicament non autorisé n'est pas disponible du tout.
Interpharma demande à la Suisse un système de fixation des prix compatible avec la clause MFN, qui tienne compte de la disponibilité de l'innovation, de la qualité et des coûts.
La demande doit être lue pour ce qu'elle est: la position d'une association sectorielle qui a intérêt à des prix plus élevés. Il reste toutefois que le mécanisme des prix de référence internationaux, conçu pour contenir la dépense, produit un effet secondaire que personne n'avait planifié. Un petit marché à haut revenu devient un risque commercial, et le levier de maîtrise des coûts se transforme en barrière à l'entrée. C'est un aspect que le débat suisse sur les coûts de la santé, jusqu'ici centré sur les primes, a peu considéré.
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