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Économie Banques et géopolitique

Grübel critique l'engagement européen dans le conflit ukrainien

L'ancien directeur général de Credit Suisse et d'UBS, 82 ans, affirme dans un entretien à la Weltwoche que l'Europe et les États-Unis devraient rester à l'écart. Il conteste aussi le rapprochement de la Suisse avec l'UE.

par Redazione 10 août 2026 2 min de lecture

Oswald Grübel, 82 ans, a dirigé Credit Suisse puis UBS. Dans un entretien accordé à la Weltwoche, il critique durement l'engagement occidental dans le conflit ukrainien. «Ce qui m'inquiète le plus, c'est la campagne de propagande qui tourne autour de l'Ukraine», affirme-t-il.

Pour l'ancien banquier, l'Europe et les États-Unis devraient rester en dehors de ce qu'il considère comme une affaire entre la Russie et l'Ukraine. À son avis, le conflit a affaibli l'économie européenne sans apporter de résultats concrets.

Le passage le plus explicite concerne les relations commerciales rompues avec Moscou. «Avoir la Russie comme fournisseur de matières premières pour nos industries de transformation avait absolument du sens», soutient Grübel, selon qui un partenariat économique aurait donné à l'Europe davantage d'influence géopolitique.

Une grande part de la responsabilité incombe, dans sa lecture, aux États-Unis. Il accuse Washington d'empêcher l'émergence d'une Europe économiquement forte. Il critique en outre la bureaucratie de l'Union européenne.

Le chapitre suisse

L'ancien dirigeant étend sa critique au rapprochement de la Suisse avec l'UE. Il craint qu'une intégration plus poussée ne compromette l'indépendance du pays et son système démocratique fondé sur les référendums. C'est un argument qui revient souvent dans le débat interne, formulé ici par celui qui a dirigé durant des années deux des plus grandes banques du pays.

Sur la faillite de Credit Suisse, l'établissement qu'il avait dirigé avant de passer à UBS, Grübel déplore l'absence d'une surveillance adéquate des autorités suisses sur la gestion bancaire.

Les positions exprimées dans l'entretien n'engagent ni UBS ni aucune institution: Grübel n'occupe plus de fonctions opérationnelles. Reste la voix d'un homme que la place financière suisse a longtemps écouté, et qui relie aujourd'hui la guerre, la politique commerciale européenne et la relation entre Berne et Bruxelles dans un même raisonnement.

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