Économie Transport aérien
L’économie genevoise demande à Apollo de ne pas réduire easyJet à Genève
La compagnie génère 46% du trafic passagers de l’aéroport de Genève. Le fonds américain a conclu l’acquisition pour 5,7 milliards de livres, mais ne s’est pas encore exprimé sur sa présence en Romandie.
Après l’acquisition convenue de la compagnie à bas coûts easyJet par le fonds d’investissement américain Apollo, le monde économique genevois demande que la présence de l’entreprise en Suisse occidentale reste forte et durable. Il est prioritaire, en particulier, qu’easyJet maintienne son engagement intensif à l’aéroport de Genève.
La demande émane du groupe d’intérêt Aeria+, l’association économique romande pour une infrastructure aéroportuaire performante. Selon le communiqué, easyJet joue un rôle central pour les liaisons internationales de la région, et donc pour le tourisme, l’économie et les entreprises. Comptent surtout les vols vers les grands centres économiques comme Londres, Paris ou Amsterdam. Une forte présence à Genève représente pour l’association un facteur stratégique de l’attractivité économique et du rayonnement international de la Suisse romande.
Les chiffres expliquent cette insistance. EasyJet est de loin la principale compagnie à l’aéroport de Genève: selon l’exploitant Genève Aéroport, elle a généré l’an dernier 46% du trafic passagers, soit 8 millions de voyageurs sur près de 17,9 millions au total. Swiss, deuxième, s’est arrêtée à une part de 12,4%. Sur le plan de la flotte, selon l’organisation faîtière Aerosuisse, sur les 29 appareils stationnés en Suisse, 17 se trouvent à Genève et 12 à Bâle.
Apollo n’a jusqu’ici publié aucune déclaration concrète sur l’avenir de la présence d’easyJet à Genève. En juillet, l’investisseur avait confirmé soutenir la stratégie actuelle de la compagnie, avec l’intention d’accélérer ses plans opérationnels et commerciaux. Parmi ceux-ci figurent la modernisation de la flotte et un recours accru à des appareils de plus grande taille, l’élargissement des services annexes et des programmes de fidélité, ainsi qu’une croissance supplémentaire du voyagiste easyJet Holidays. Le maintien du personnel clé est également prévu.
L’accord d’acquisition a été conclu le 6 août: la valorisation s’élève à 5,7 milliards de livres, soit 6,2 milliards de francs. Le conseil d’administration d’easyJet recommande aux actionnaires d’accepter l’offre. L’investisseur américain concurrent Castlelake s’était retiré de la course auparavant. Reste à savoir si un propriétaire qui vise à accélérer les rendements maintiendra la même capacité sur une place où la compagnie détient déjà près de la moitié du trafic.
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