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Adolescents : smartphone et réseaux sociaux n'expliquent pas tout le malaise

Lors d'un séminaire destiné aux professionnels à Mendrisio, il est apparu que smartphone et réseaux sociaux n'expliquent pas seuls le malaise des adolescents. Derrière la difficulté de grandir se trouvent aussi un avenir incertain et des relations fragiles.

par Brenno 4 octobre 2026 3 min de lecture

Attribuer le malaise des adolescents uniquement au smartphone et aux réseaux sociaux est une explication simple, mais insuffisante. Il en a été question lors du séminaire destiné aux professionnels, qui s'est tenu vendredi au théâtre de l'Ospedale psichiatrico cantonale de Mendrisio, dans le Tessin. L'accent a été mis sur un avenir de plus en plus incertain et sur la fragilité des relations.

Giulio Bertamini, psychologue et chercheur à l'Université de Trente, identifie un point central : la place que les adolescents peuvent occuper dans la société. Selon Bertamini, les jeunes ne trouvent pas d'espaces où ils ont du pouvoir, et ils se définissent par ce qui les entoure.

C'est surtout la perception de demain qui change. Autrefois, le progrès nourrissait des attentes de bien-être et d'amélioration. Aujourd'hui, selon Bertamini, l'avenir paraît marqué par le réchauffement de la planète et le retour des guerres. Bertamini le décrit comme un avenir qui se referme et se rétrécit.

La multiplication des possibilités ne suffit pas à compenser cette incertitude : beaucoup d'entre elles ont peu de profondeur et un sens limité, y compris sur le plan affectif. L'adolescent peut ainsi avoir le sentiment d'avoir plus à perdre qu'à gagner.

Le dialogue avec les adultes

Michele Mattia, psychiatre et psychothérapeute, affirme : « La società si è disgregata, non ha più punti di riferimento sicuri » (la société s'est désagrégée, elle n'a plus de repères sûrs). À un âge où le développement neurocognitif est encore en cours, le manque de repères peut contribuer à la désorientation. Le malaise peut se manifester par des troubles du comportement alimentaire ou par un retrait des relations.

Mattia décrit des adolescents qui cessent de chercher le contact et attendent que les adultes viennent vers eux. Les adultes aussi peinent : selon Mattia, ils craignent d'entrer en relation, car ils perdent eux-mêmes leur capacité relationnelle. Ainsi, le repli des jeunes risque de rencontrer l'hésitation de ceux qui pourraient les rejoindre.

Bertamini suggère de revoir la manière de s'adresser aux adolescents. Il faut abandonner le jugement, ainsi que l'idée d'avoir une vérité à transmettre plutôt qu'à construire ensemble. Écouter signifie laisser de la place à leur expérience, sans supposer qu'on possède déjà toutes les réponses.

Bertamini reconnaît que le smartphone ouvre de nouveaux espaces de malaise. Reste à comprendre comment l'usage des appareils se mêle aux difficultés de la croissance. Qui se sent bloqué peut chercher refuge dans le défilement infini des contenus ou dans un usage excessif du téléphone. Mattia invite à ne pas diaboliser les réseaux sociaux, tout en signalant les risques d'un usage inapproprié.

Une mère raconte au Quotidiano della RSI qu'elle remarque surtout, chez ses enfants, de l'apathie et de la distraction dans leur usage quotidien du smartphone. Si on leur pose une question pendant qu'ils utilisent le téléphone, ils répondent par monosyllabes ou ne répondent pas.

Elle s'inquiète des contenus violents et pornographiques, ainsi que de la confrontation constante à des modèles qu'elle juge peu adaptés aux jeunes. Elle cite certains messages véhiculés par la musique trap et rap. Selon elle, ses enfants ont tendance à prendre pour vrai ce qu'ils écoutent. « Le nostre preoccupazioni sono normali, sono concrete » (nos inquiétudes sont normales, elles sont concrètes), souligne la mère.

Lorsqu'un des enfants était en première année de scuola media (secondaire I), une enseignante a découvert un groupe de discussion de classe dans lequel les élèves s'insultaient. L'école a invité les familles à suivre la situation et à en parler avec leurs enfants. À la maison, des limites de temps et des blocages ont été introduits pour l'usage du smartphone. Les enfants savent que leurs parents contrôlent le téléphone : dans l'intention de la famille, c'est un moyen de repérer d'éventuels problèmes et de les affronter ensemble.

Reste ouverte la question des espaces que la société offre aujourd'hui aux jeunes pour se sentir acteurs, et des adultes capables d'entrer en relation avec eux.

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