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Suisse Consommation

80 pour cent des Suisses n'achètent pas en pensant au climat

Un sondage Comparis enregistre un détachement en hausse de dix points par rapport au début des années vingt. Les chiffres de la viande, des œufs et des vols confirment la tendance.

par Brenno 11 août 2026 3 min de lecture

Le changement climatique influence peu ou pas du tout les décisions d'achat de quatre personnes sur cinq en Suisse. C'est le résultat d'un sondage Comparis mené en juillet 2026 auprès de 1'040 résidents, qui marque une hausse de dix points de pourcentage par rapport à la période 2020-2023.

Le détail des réponses distingue deux attitudes. 34 pour cent des personnes interrogées déclarent que le climat n'a aucune incidence sur leurs choix, tandis que 46 pour cent parlent d'une influence minime. Seuls 20 pour cent affirment que le sujet pèse de manière significative sur ce qu'elles achètent.

Le revenu déplace la donnée dans une direction peut-être inattendue. Parmi celles et ceux qui disposent d'un revenu familial supérieur à 8'000 francs par mois, 84 pour cent se disent non influencés. Parmi celles et ceux qui restent sous les 4'000 francs, la part descend à 75 pour cent. Qui a davantage de marge de choix l'utilise donc moins souvent pour des raisons environnementales que qui en a moins.

Les chiffres de la consommation

Les déclarations trouvent confirmation dans les données effectives, qui vont toutes dans le même sens. La consommation de viande est montée à 51 kilos par habitant en 2025, contre 48 en 2023. Celle d'œufs a atteint un record, dépassant 209 pièces par an et par habitant. L'aéroport de Zurich a enregistré 23,2 millions de passagers au départ en 2025, au-delà du précédent record qui remontait à 2019.

Michael Kuhn, expert interrogé pour le sondage, relève la distance entre l'adhésion déclarée et le comportement concret: les gens demandent que l'on agisse, mais s'opposent à renoncer aux vols, aux vêtements et à d'autres biens de consommation.

Parmi les causes du détachement sont cités les sujets qui occupent l'attention à la place du climat: primes d'assurance maladie, coûts du logement, guerres et inflation. S'y ajoutent la lassitude devant un débat qui dure depuis des années et le sentiment de ne pas pouvoir peser par ses choix individuels.

Ce dernier point mérite attention, car il contient une part de vérité. Les émissions liées à la consommation privée dépendent largement d'infrastructures, d'une offre et de prix que l'individu ne détermine pas: qui n'a pas d'alternative au train coûteux ou au bâtiment mal isolé qu'il habite ne peut pas modifier grand-chose avec ses courses hebdomadaires. Un sondage sur les intentions d'achat mesure aussi cela, et pas seulement la bonne volonté des personnes qui répondent.

Reste le fait que les trois indicateurs cités, viande, œufs et vols, évoluent tous à la hausse durant une année où la sécheresse a imposé des restrictions d'eau dans plusieurs cantons. C'est la distance que le sondage photographie.

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