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Économie Agriculture

Coûts agricoles en hausse et prix figés: la grande distribution en cause

Faire Märkte Schweiz dénonce des coûts extraordinaires d'au moins 25 pour cent pour le maraîchage sans aucune adaptation des prix. Au centre aussi, un rabais de 3 pour cent appliqué par Migros.

par Brenno 14 août 2026 4 min de lecture

L'été sec ne met pas seulement les récoltes en difficulté. Selon l'organisation Faire Märkte Schweiz, il révèle aussi une distorsion dans le fonctionnement du marché agricole suisse: les coûts de production augmentent et l'offre diminue, mais les prix payés aux producteurs restent inchangés.

Dans un marché qui suivrait l'offre et la demande, argumente l'association, la chaleur record et le manque d'eau devraient faire monter les prix. Ce n'est pas le cas. Les maraîchers suisses doivent faire face à des coûts extraordinaires supplémentaires d'au moins 25 pour cent, consacrés à l'irrigation intensive, à la réfrigération, à la main-d'œuvre et à la logistique, tandis que les rendements et les quantités commercialisables baissent.

La comparaison avec la même période de 2025 montre des prix en hausse de quelques points seulement ou, dans la plupart des cas, inchangés. «Si le mécanisme du marché fonctionnait vraiment, la flambée des coûts et la rareté du produit devraient se traduire par des signaux de prix clairs; au lieu de cela, nous assistons à un court-circuit», soutient FMS.

Le cas du rabais de 3 pour cent

Pour l'organisation, ce sont quelques grands acteurs de la distribution qui bloquent le mécanisme, en imposant des prix fixes indépendants des variations climatiques. Les pénalités contractuelles en cas de pertes de récolte, souvent appliquées unilatéralement, aggravent le tableau: les exploitations agricoles supportent seules les coûts de l'urgence climatique alors que les marges restent en aval.

FMS a porté en mai devant la Commission de la concurrence un cas précis. Il concerne la pratique de Migros, qui applique aux fournisseurs de fruits et légumes un rabais de 3 pour cent sur la valeur de la marchandise. Selon l'organisation, il s'agit d'une déduction déguisée en paiement anticipé, car les fournisseurs n'auraient pas de réel choix entre un paiement rapide avec rabais et un versement intégral sans retenue. Le coût pour les producteurs suisses serait d'environ 12 millions de francs par an, et FMS parle ouvertement d'abus de dépendance économique.

La position de Migros est inverse. L'entreprise affirme que ces conditions contractuelles sont en usage depuis des décennies, juridiquement irréprochables et éprouvées dans la pratique, et soutient accorder une grande importance à une relation correcte avec ses fournisseurs et à une politique de prix équitable.

L'association demande désormais des interventions structurelles: des adaptations de prix, la fin des pénalités unilatérales, la responsabilisation des acheteurs, davantage de contrôles de la Comco et des règles efficaces contre les pratiques commerciales déloyales.

La question touche aussi le Tessin, où les exploitations maraîchères du Mendrisiotto et de la plaine de Magadino ont affronté ces dernières semaines des restrictions d'eau et des coûts d'irrigation plus élevés. Qui vend à un seul grand acheteur dispose de peu de marge pour renégocier, et la sécheresse rend ce déséquilibre plus visible.

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