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Monde Espèces invasives

Un demi-million de poulpes en Adriatique contre le crabe bleu

Le projet Octo-Blu prévoit de relâcher dans la seconde moitié d'août de jeunes poulpes élevés en laboratoire au large de Riccione et Cesenatico. L'objectif n'est pas d'éliminer l'espèce, mais de rétablir un équilibre.

par Redazione 5 août 2026 3 min de lecture

Environ un demi-million de jeunes poulpes élevés en laboratoire seront relâchés dans les eaux au large de Riccione et Cesenatico durant la seconde moitié d'août. L'opération s'inscrit dans le projet Octo-Blu, porté par la Région Émilie-Romagne et le Département des sciences médicales vétérinaires de l'Université de Bologne.

La cible est le crabe bleu, une espèce allogène qui colonise rapidement la Méditerranée. Le poulpe commun est l'un de ses principaux prédateurs naturels, et des études en laboratoire ont montré que même de petits individus parviennent à neutraliser des crabes bien plus grands.

Des tanières en briques sur les fonds

Les fonds de l'Adriatique sont majoritairement sableux, ce qui rend difficile l'installation des poulpes. Pour y remédier, les mytiliculteurs locaux disposeront des tanières artificielles en briques réalisées dans les laboratoires universitaires.

L'objectif déclaré n'est pas d'éradiquer l'espèce, une mission que les promoteurs jugent hors de portée. Il s'agit plutôt d'exploiter la prédation naturelle pour rétablir un équilibre écologique compromis.

Le crabe bleu est originaire des côtes atlantiques du continent américain. Il atteint vingt centimètres de largeur et se reconnaît à la coloration bleutée de ses pattes et aux nuances orangées à l'extrémité des pinces chez les femelles. Les premiers signalements en Méditerranée remontent aux années cinquante.

Sa diffusion dépend du transport maritime mondial. Les larves sont aspirées avec les eaux de ballast qui stabilisent les grands navires commerciaux, et dans les ports de destination l'eau est rejetée avec les organismes qu'elle contient.

Les dégâts touchent surtout l'aquaculture. Le crabe est omnivore et doté de pinces puissantes: il se nourrit de palourdes, de moules et d'huîtres, mais aussi de crevettes, de petits poissons et d'alevins. Sa prolifération a réduit la productivité des élevages, en particulier dans les lagunes du delta du Pô.

Les spécialistes rappellent que la lutte biologique doit s'inscrire dans une approche plus large. En Turquie, la création d'une filière de pêche commerciale avec des nasses sélectives a transformé le crabe bleu d'un problème environnemental en une ressource alimentaire.

La question des espèces invasives est également connue au sud des Alpes. En 2026, le Canton du Tessin a mis en place des plans de surveillance et des captures massives contre le scarabée japonais, afin de protéger les vignes et les cultures.

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