Canton Police cantonale
Deux agents blessés, une motion réclame une prime de risque pour la police
Une motion parlementaire demande de rétablir une prime de risque pour la Police cantonale et de renforcer la protection pénale des agents, après que deux policiers ont été blessés dans le tunnel de la Piumogna.

Deux agents de la Police cantonale sont toujours hospitalisés après l'accident survenu jeudi soir dans le tunnel de la Piumogna, sur l'autoroute A2. Un automobiliste en fuite, après avoir forcé un barrage routier, avait percuté leur véhicule de patrouille. L'épisode a remis en lumière les risques du métier et a donné lieu à une nouvelle motion parlementaire, qui demande de rétablir une prime de risque pour les agents et de renforcer la protection pénale des policiers et d'autres fonctionnaires particulièrement exposés.
Le syndicat OCST et la section tessinoise de la Fédération suisse des fonctionnaires de police sont également intervenus au sujet de cet épisode. Il ne s'agit pas d'un cas isolé: en juillet, à Leontica, une explosion avait blessé trois autres agents.
Le texte de la motion n'entre pas dans les détails techniques d'une éventuelle reconnaissance financière, mais ses auteurs ont déjà une idée précise: non pas un pourcentage du salaire, comme ailleurs, mais un montant fixe identique pour tous. «L'idea di fondo è un'indennità fissa che vada a tutti coloro che corrono dei rischi regolarmente. Pensiamo ai gendarmi, alle squadre speciali, ma anche agli ispettori» (l'idée de fond est une prime fixe qui bénéficie à tous ceux qui courent des risques régulièrement, par exemple les gendarmes, les unités spéciales, mais aussi les inspecteurs), explique le député et syndicaliste OCST Claudio Isabella, co-auteur du texte. Selon son estimation, entre 300 et 400 personnes au sein de la police pourraient avoir droit à cette prime.
La comparaison avec Genève et la question du budget
À Genève, la prime de risque des agents est calculée à 15% d'une certaine catégorie salariale. Isabella propose au contraire une somme identique pour tous les ayants droit. Si ce principe était retenu, il pourrait aussi ouvrir le débat pour d'autres catégories d'employés publics exposées à des dangers: une perspective que le co-auteur du texte dit accueillir favorablement, tout en précisant que la demande financière de la motion ne concerne pour l'instant que les agents de police.
Le niveau des salaires motive également cette demande. Selon Isabella, les salaires d'entrée dans la police commencent à un peu plus de 4000 francs, un montant qu'il juge trop bas au regard des responsabilités et des risques assumés.
Reste la question des finances cantonales. Isabella reconnaît que le moment n'est pas favorable à une telle demande, mais soutient que les difficultés budgétaires ne doivent pas empêcher d'investir dans la sécurité et dans le personnel qui la garantit. «Siamo noi istituzioni, in primis, che dobbiamo tutelare chi ci garantisce la sicurezza» (c'est à nous, les institutions, en premier lieu, de protéger ceux qui nous garantissent la sécurité), affirme-t-il.
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