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Refroidir les puces de l'IA en consommant moins d'eau et d'énergie

L'EPFL et la start-up lausannoise Corintis travaillent sur des systèmes de refroidissement adaptés à chaque processeur. Le gain d'efficacité risque toutefois d'être annulé par la croissance de la demande.

par Redazione 4 août 2026 3 min de lecture

Des chercheurs actifs en Suisse développent des technologies pour refroidir les centres de calcul dédiés à l'intelligence artificielle avec une consommation moindre. Le travail associe l'École polytechnique fédérale de Lausanne et la start-up Corintis.

L'ampleur du problème est déjà mesurable. Selon l'Agence internationale de l'énergie, les centres de données absorbent aujourd'hui environ 1,5% de la consommation mondiale d'électricité, et cette part devrait approcher les 3% d'ici 2030. Une étude des Nations unies prévoit que l'empreinte hydrique de ces installations double durant la même période.

Des systèmes sur mesure pour chaque processeur

Corintis a conçu des systèmes de refroidissement adaptés au profil thermique de chaque puce. Ce dispositif peut réduire d'environ 20% l'électricité requise par les groupes frigorifiques.

L'entreprise a été fondée à Lausanne en 2022 et vise une production d'un million de plaques de refroidissement par an. Les premières installations d'envergure sont attendues à partir de 2027. Microsoft est le seul partenaire confirmé publiquement.

Le projet «Heating Bits» de l'EPFL suit une autre voie. Il récupère la chaleur résiduelle à des températures élevées, entre 70 et 75 degrés, pour la réutiliser dans les réseaux de chauffage à distance ou la reconvertir en électricité grâce à la technologie du cycle de Rankine organique.

Le chercheur Jonathan Koomey avertit que le refroidissement des puces ne représente que la moitié de l'équation. Les gains d'efficacité risquent d'être annulés par la croissance rapide de la demande liée à l'intelligence artificielle.

La consommation d'eau varie en outre énormément d'une installation à l'autre, avec des écarts pouvant atteindre dix mille fois selon la conception et les conditions d'exploitation. Cette amplitude rend peu significative une moyenne du secteur.

Le professeur Mario Paolone pose la question de fond, à savoir si les rythmes actuels de croissance de l'intelligence artificielle sont compatibles avec les objectifs de la transition énergétique.

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