Aller au contenu
il Cantonale

Journal numérique indépendant de la Suisse italienne

Canton Criminalité financière

Procès à Lugano pour une escroquerie d'environ 60 millions de francs

Le procès pour une présumée escroquerie internationale d'environ 60 millions de francs a débuté à Lugano. L'affaire implique Dubaï, le Luxembourg et Londres, et trois personnes sont accusées d'avoir détourné la fortune d'un citoyen géorgien.

par Gottardo 21 octobre 2026 2 min de lecture Luganese

Le procès pour une présumée escroquerie internationale d'environ 60 millions de francs a débuté mardi à Lugano. L'affaire implique plusieurs places financières: Dubaï, le Luxembourg, Londres et, donc, Lugano.

Au centre de l'affaire se trouve la fortune d'un citoyen géorgien domicilié à Dubaï. Cet homme avait confié son argent à un conseiller italien, actif à Lugano, afin de l'éloigner de Dubaï, une localité qu'il jugeait peu sûre pour ses investissements.

Le conseiller lui avait été présenté par un citoyen iranien, lui aussi domicilié à Dubaï, devenu entre-temps une personne de confiance du citoyen géorgien. Pour gérer la fortune, une structure d'investissement basée au Luxembourg avait été choisie. C'est là qu'intervient le troisième prévenu, un entrepreneur belge actif dans cette ville.

Selon l'accusation, soutenue par la procureure générale suppléante Chiara Borelli, les trois prévenus auraient en réalité utilisé l'argent à leur profit personnel. La plus grande partie des fonds se serait retrouvée dans un fonds basé à Londres, que le citoyen géorgien croyait contrôler. Cette conviction reposait sur une série de documents falsifiés, créés à l'aide de l'intelligence artificielle.

L'argent aurait ensuite été réinvesti dans différents secteurs, notamment l'immobilier et les matières premières, dans le but de le blanchir.

La question de la compétence

La défense des prévenus a contesté le choix du for de Lugano, estimant que les infractions n'auraient pas été commises au Tessin. Le tribunal a néanmoins décidé de juger l'affaire dans cette juridiction.

Cette affaire montre la difficulté de poursuivre des fraudes construites sur plusieurs juridictions, rendues encore plus sophistiquées par des outils comme l'intelligence artificielle générative, capable de produire des documents falsifiés difficiles à distinguer des originaux. Pour une place financière comme celle de Lugano, de tels épisodes posent la question de savoir si les contrôles internes des sociétés de gestion parviennent réellement à détecter des schémas frauduleux de cette ampleur avant qu'ils n'atterrissent devant un tribunal. Il reste par ailleurs à voir ce que coûtera aux finances publiques tessinoises un procès international d'une telle complexité, et si la responsabilité individuelle des professionnels impliqués dans la gestion de fortune sera établie avec rigueur.

Commentaires

Aucun commentaire

Il n'y a pas encore de commentaires. Votre voix peut être la première.

Laisser un commentaire