Suisse Conseil fédéral
Trois conseillers d'Etat de l'UDC en lice pour le Conseil fédéral
Parmi les huit candidats de l'UDC à la succession de Guy Parmelin figurent trois conseillers d'Etat. Le politologue Adrian Vatter examine si l'expérience dans les exécutifs cantonaux constitue un avantage pour accéder au Conseil fédéral.

L'Union démocratique du centre (UDC) a dévoilé il y a une dizaine de jours la liste de ses huit candidatures à la succession de Guy Parmelin au Conseil fédéral : sept hommes et une femme. Trois d'entre eux sont conseillers d'Etat : le Valaisan Franz Ruppen, responsable du Département du territoire, l'Argovien Jean-Pierre Gallati, directeur de la Santé, et le Bernois Pierre Alain Schnegg, lui aussi responsable de la santé dans son canton.
La présence de trois candidats dotés d'un mandat cantonal pose une question : l'expérience dans les exécutifs cantonaux constitue-t-elle un avantage ou un désavantage dans la course vers le Palais fédéral ?
Selon le politologue Adrian Vatter, de l'Université de Berne, l'expérience cantonale est une qualification à prendre en compte. Deux éléments comptent en particulier : la capacité à diriger un département composé de services différents et de centaines d'employés, ainsi que la capacité à s'intégrer dans un gouvernement collégial, en acceptant aussi des compromis.
De rares précédents dans l'histoire
L'histoire suisse connaît quelques cas de conseillers d'Etat élus au Conseil fédéral. En 1999, Ruth Metzler, responsable des finances du canton d'Appenzell, avait été élue, alors pour le PDC. En 2002 avait suivi la Genevoise Micheline Calmy-Rey, socialiste. En 2007, l'Assemblée fédérale avait élu, contre la volonté de son propre parti, l'UDC, la Grisonne Eveline Widmer-Schlumpf. Plus récemment, Beat Jans, de Bâle, et Martin Pfister, de Zoug, ont été élus.
Il s'agit toutefois de cas exceptionnels. Sur les 125 membres du gouvernement fédéral élus depuis 1848, 68 siégeaient au Conseil national, 40 au Conseil des Etats et seulement 13 provenaient de gouvernements cantonaux. Vatter explique que les partis proposent en règle générale des parlementaires déjà actifs à Berne, car ils sont déjà connus des membres de l'Assemblée fédérale, l'organe qui élit le gouvernement. Les relations personnelles construites au Parlement représentent donc un avantage important par rapport à ceux qui travaillent dans les cantons.
Pour les trois candidats conseillers d'Etat, les perspectives ne sont pas égales. Selon Vatter, c'est actuellement Pierre Alain Schnegg qui a le plus de chances, car il est non seulement conseiller d'Etat, mais aussi Romand, un autre critère important. Ses 63 ans, ajoute le politologue, ne sont pas nécessairement un désavantage, car ils signifieraient un mandat pas trop long. Il reste donc possible qu'un des trois conseillers d'Etat parvienne à décrocher un siège au gouvernement fédéral.
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