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Économie Commerce avec l'UE

La France et l'Allemagne ouvrent à la Suisse le label « Made in Europe »

Selon un projet de document européen, la Suisse figurerait parmi les pays admis au label « Made in Europe », utile pour les marchés publics de l'UE. Cet accès serait toutefois lié à un rapprochement plus étroit avec les règles commerciales européennes.

par Gottardo 17 octobre 2026 2 min de lecture

L'Allemagne et la France seraient prêtes à ouvrir à la Suisse le label « Made in Europe », une qualification qui devrait à l'avenir favoriser les projets d'origine européenne dans les marchés publics. Berne œuvre depuis des mois pour obtenir un traitement équivalent à celui des États membres de l'Union.

Selon une indiscrétion rapportée par plusieurs agences de presse, un projet de document placerait la Suisse au même niveau que le Royaume-Uni et les pays de l'Espace économique européen, à savoir le Liechtenstein, la Norvège et l'Islande. Ce résultat n'était pas acquis d'avance. L'Allemagne avait déjà laissé entendre qu'elle soutenait un traitement équivalent pour la Suisse, tandis que la France demandait une application plus stricte du principe, ne reconnaissant comme européens que les produits fabriqués dans les pays de l'Union. Le document cité par l'agence Keystone-ATS indiquerait un changement de position de Paris.

Un marché de plusieurs centaines de milliards et des conditions d'accès

Le label concerne un marché de plusieurs centaines de milliards d'euros, répartis entre subventions industrielles et marchés publics au sein de l'Union européenne, l'un des plus vastes au monde. Même un accès partiel à ces ressources serait significatif pour les entreprises suisses, qui risqueraient sinon d'être exclues ou de perdre du terrain face à leurs concurrents européens.

Cette initiative s'inscrit dans une stratégie plus large de l'Union européenne, visant à protéger la production intérieure face à la concurrence chinoise et à la politique commerciale américaine menée par le président Donald Trump. Il reste à savoir quelle marge concrète subsiste pour un pays comme la Suisse, extérieur à ces blocs commerciaux.

Le document cité par les agences reste pour l'instant officieux : il doit encore être confirmé par les institutions de l'Union européenne, qui devront aussi se prononcer sur le consensus politique à l'égard de la Suisse. Surtout, l'accès au label ne serait pas gratuit. Les conditions évoquées font état d'un lien toujours plus étroit avec les règles commerciales européennes, ce qui irait au-delà de la seule bureaucratie déjà critiquée par les entrepreneurs suisses et se traduirait par un alignement presque complet sur la politique commerciale de l'Union.

Pour les entreprises suisses, l'ouverture d'un marché d'une telle ampleur représenterait un avantage concurrentiel concret. Il reste à évaluer si cet avantage compense la perte de marge de manœuvre qu'un tel alignement sur les règles européennes impliquerait pour Berne.

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