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Suisse Genève

Dons fictifs à Maudet : le Ministère public genevois enquête

Le Ministère public genevois enquête sur des dons suspects versés pour la campagne électorale de Pierre Maudet. Une personne est prévenue de faux dans les titres.

par Redazione 15 octobre 2026 3 min de lecture

Pierre Maudet, conseiller d'État genevois réélu en 2023 après avoir été écarté du Conseil d'État et du PLR en raison de l'affaire du voyage controversé à Abou Dhabi, se retrouve à nouveau sous le coup de soupçons. Sur son parti, Liberté et justice sociale, pèsent déjà une enquête indépendante sur de présumés favoritismes dans les engagements à l'Office cantonal de la santé, ainsi que le départ de trois député-e-s de ses rangs. S'y ajoute désormais une procédure pénale ouverte par le Ministère public sur des dons d'origine incertaine destinés à financer la dernière campagne électorale de Maudet.

Les dons en question dépassent 20'000 francs et proviennent formellement de cinq donateurs, une pratique interdite par le droit genevois lorsque les donateurs sont fictifs. Les fonds ont été récoltés par une association de soutien à l'action politique du ministre, la légitimité des dons ayant été certifiée par une fiduciaire administrée par un proche soutien de Maudet. Quatre de ces versements étaient attribués à des personnalités historiques du canton, dont James Fazy, le dirigeant radical du XIXe siècle considéré comme l'un des artisans de la Genève moderne. Aucun de ces prétendus donateurs n'était encore en vie.

Des sanctions administratives à la plainte pénale

Derrière ces noms historiques se cachaient en réalité des pseudonymes. L'association et la fiduciaire ont déjà fait l'objet de sanctions administratives, une première à Genève, contre lesquelles des recours restent pendants devant le Tribunal fédéral. Mais un cinquième don, de 5'000 francs, est attribué à une juge en exercice, qui nie avoir jamais versé quoi que ce soit au conseiller d'État. Selon des informations de la RTS, la magistrate a déposé une plainte pénale l'an dernier.

Sur la base de ces éléments, le Ministère public cantonal a décidé d'ouvrir une instruction. Fin septembre, des perquisitions et des saisies de documents ont été menées dans les locaux de l'association et de la fiduciaire. Le responsable de cette dernière est prévenu de faux dans les titres, une infraction passible d'une peine privative de liberté pouvant aller jusqu'à cinq ans. Le président de l'association a quant à lui le statut de personne appelée à donner des renseignements, une position intermédiaire entre témoin et prévenu. Pour les deux, la présomption d'innocence prévaut.

Sollicitée par la RTS, la juge n'a pas donné suite, pas plus que Maudet, qui n'apparaît pour l'heure pas impliqué dans cette procédure pénale.

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