Monde Affaire Regeni
Affaire Regeni : la Cour d'assises de Rome condamne trois agents égyptiens
La Cour d'assises de Rome a condamné à dix ans de prison trois agents des services secrets égyptiens pour l'enlèvement et la torture de Giulio Regeni, écartant l'accusation d'homicide. Le quatrième accusé, un général, a été acquitté.

La Cour d'assises de Rome a rendu son jugement dans le procès portant sur l'enlèvement, la torture et la mort de Giulio Regeni, doctorant à l'Université de Cambridge, décédé au Caire entre janvier et février 2016. Le procès s'est déroulé par contumace, plus de dix ans après les faits : les quatre accusés, tous membres des services secrets égyptiens, ne se sont jamais présentés devant les juges italiens durant toutes ces années d'enquête et d'audiences.
Trois des accusés ont été condamnés à dix ans de prison chacun : le commandant Magdi Ibrahim Abdelal Sharif ainsi que les colonels Uhsam Helmi et Athar Kamel Mohamed. Pour ces trois hommes, les juges ont écarté l'accusation d'homicide et retenu à la place celles d'enlèvement et de torture. Le quatrième accusé, le général Tariq Sabir, a quant à lui été acquitté de toutes les charges retenues contre lui.
Les peines prononcées sont nettement inférieures à celles requises par le parquet, qui avait demandé la réclusion à perpétuité pour Sharif, considéré comme l'exécutant direct de l'enlèvement et des tortures infligées à Regeni, et 17 ans de prison pour chacun des trois autres accusés, y compris Sabir.
L'affaire
Regeni, 28 ans, doctorant à l'Université de Cambridge, avait été enlevé au Caire le jour du cinquième anniversaire des manifestations de la place Tahrir. Dès lors, plus aucune nouvelle du jeune chercheur n'était parvenue, jusqu'à la découverte de son corps, une semaine plus tard, dans un fossé au bord d'une route près de la capitale égyptienne. Son corps portait des marques visibles des tortures subies avant sa mort.
La famille de Regeni s'est dite satisfaite du verdict de la Cour d'assises. Le procureur en chef de Rome, Francesco Lo Voi, a exprimé le même sentiment, soulignant que les autorités égyptiennes n'avaient jamais collaboré avec la justice italienne durant toutes les années d'enquête et de procès qui ont précédé ce jugement.
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