Canton Péréquation financière
Le Conseil d'Etat tessinois écrit de nouveau à Berne, la délégation reste sceptique
Après les critiques de Guy Parmelin sur les dépenses tessinoises, le Conseil d'Etat a envoyé une nouvelle lettre à Berne pour proposer une rencontre sur la péréquation financière. Le président de la délégation tessinoise aux Chambres fédérales, Bruno Storni, doute que les lettres produisent encore un effet et plaide pour le dialogue.

Le Conseil d'Etat a envoyé une nouvelle lettre à Berne après les critiques du président de la Confédération Guy Parmelin, qui avait invité le Tessin, il y a une dizaine de jours lors du festival Endorfine à Lugano, à réfléchir à ses dépenses, en se disant déçu par le blocage des rétrocessions fiscales à l'Italie.
La lettre, datée du 16 septembre et signée par la présidente du Gouvernement Marina Carobbio Guscetti, adopte un ton constructif et propose à Guy Parmelin d'organiser une rencontre pour clarifier la situation. Le canton se sent incompris et souhaite exposer ses particularités, en demandant notamment que la présence des frontaliers soit mieux prise en compte dans le calcul de la péréquation intercantonale. Une révision ordinaire des modalités de calcul n'entrera toutefois en vigueur que dans quelques années. En 2027, le Tessin recevra 112 millions de francs, un montant en hausse mais modeste comparé au milliard sept cents millions distribués au total par Berne.
Ce type de lettre a déjà été utilisé par le passé pour faire valoir les revendications cantonales, mais il ne convainc pas l'ensemble de la délégation tessinoise aux Chambres fédérales. Son président, le socialiste Bruno Storni, a déclaré à la RSI que "les lettres ne sont plus utiles" à ce niveau et qu'elles n'ont eu jusqu'ici aucun effet.
Storni : privilégier le dialogue plutôt que le coup de poing sur la table
Sur le fond, selon Storni, le Conseil d'Etat a déjà exposé sa position à Karin Keller-Sutter, responsable de la péréquation, et la réponse est connue : la loi actuelle ne laisse aucune marge, pas même au président de la Confédération. Interrogé sur l'utilité de hausser le ton, Storni a répondu que l'on peut certes élever la voix, mais qu'il convient désormais de privilégier la voie du dialogue. Il a rappelé que le Tessin avait accepté les critères actuels jusqu'à il y a quelques années et que la situation s'est déjà améliorée : d'un canton qui versait des contributions, il est devenu un canton qui en reçoit une centaine de millions, même si d'autres cantons touchent des montants plus élevés.
Storni reconnaît que les relations entre la délégation et le Conseil d'Etat ne sont pas totalement fluides. Il a toutefois précisé que la délégation ne peut rien imposer au Gouvernement cantonal, qui gère de manière autonome ses relations avec le Conseil fédéral, tout en estimant qu'il serait plus utile d'être consultée avant l'envoi de telles lettres. Au-delà des clivages partisans, a-t-il ajouté, il existe parmi les parlementaires tessinois à Berne un consensus de fond : les relations n'ont pas été gérées de la manière la plus appropriée.
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