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Monde Sécurité alimentaire

Cyberattaques contre des supermarchés en Europe, l'UE : l'alimentation dans la ligne de mire

Une cyberattaque a fait grimper jusqu'à 50 degrés la température des installations frigorifiques de centaines de supermarchés français, causant des pertes de plusieurs millions d'euros. Le commissaire européen à l'alimentation évoque une tentative de frapper les approvisionnements alimentaires, et un expert avertit que la Suisse pourrait aussi être concernée.

par Redazione 3 novembre 2026 3 min de lecture

Dans la nuit du dimanche 11 au lundi 12 octobre, une cyberattaque a touché les installations de réfrigération de centaines de supermarchés en France. Les auteurs de l'attaque ont pris le contrôle à distance des systèmes qui gèrent les réfrigérateurs et les congélateurs, déclenchant des cycles de dégivrage forcé qui ont fait grimper la température intérieure jusqu'à 50 degrés. De grandes quantités de produits frais et surgelés se sont détériorées et ont dû être jetées dans les magasins touchés.

Parmi les enseignes concernées figurent Intermarché et Netto, du groupe Les Mousquetaires, Carrefour, Monoprix, Coopérative U et E.Leclerc. Les estimations sur le nombre de magasins touchés varient selon les enseignes : Les Mousquetaires évoque environ 150 à 180 points de vente, Carrefour 80, et Monoprix environ 5 % de ses magasins français. Les pertes, encore provisoires, sont estimées à plusieurs millions d'euros.

Selon les premières indications, les pirates ont exploité une vulnérabilité dans le logiciel de l'entreprise danoise Danfoss, qui gère une grande partie des installations frigorifiques des supermarchés européens. De nombreux appareils touchés seraient des modèles plus anciens, qui ne reçoivent plus de mises à jour de sécurité. Le parquet de Paris a ouvert une enquête, confiée aussi à l'agence française de cybersécurité Anssi, afin d'identifier les auteurs de l'attaque et de vérifier des signalements de débuts d'incendie dans certains magasins. Pour l'instant, aucun groupe n'a revendiqué l'attaque.

Le commissaire européen à l'Agriculture et à l'Alimentation, Christophe Hansen, a commenté l'épisode sur X en écrivant que "the weaponization of food has become a reality" (soit : "l'instrumentalisation de l'alimentation est devenue une réalité"), demandant davantage d'attention pour la sécurité des approvisionnements alimentaires à tous les niveaux. Selon un chercheur de la société de cybersécurité Sekoia, des signes de vulnérabilités similaires seraient aussi apparus dans des magasins en Espagne, au Portugal, en Pologne, en Allemagne et en Belgique.

Le risque pour la Suisse

Sebastian Obermeier, expert en cybersécurité à la Haute école de Lucerne, estime qu'un risque similaire existe aussi en Suisse, les systèmes Danfoss étant répandus dans toute l'Europe. De nombreuses installations frigorifiques restent connectées au réseau pour la maintenance à distance, ce qui peut constituer un point d'accès pour d'éventuels attaquants. Selon Obermeier, il faut distinguer la perte occasionnelle de produits frais, qui ne constitue pas encore une crise d'approvisionnement, d'éventuelles attaques coordonnées contre des entrepôts frigorifiques centraux et des plateformes logistiques, bien plus préoccupantes.

Les principaux distributeurs actifs en Suisse, interrogés sur le sujet, ne signalent aucun problème : Migros n'a aucune indication d'attaque contre ses propres installations, Lidl Suisse déclare n'avoir pas été concernée par l'incident français, Coop affirme disposer de mesures de sécurité régulièrement mises à jour, et Aldi indique contrôler périodiquement l'équipement technique de ses magasins.

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